<

C’est l’accueil d’un jeune nouveau venu, lors de notre dernière réunion AA, qui m’a amenée pour la première fois à dire mon vécu par rapport à l’alcool, en reconnaissant l’ampleur de ce problème. Aujourd’hui, j’ai besoin de l’écrire, pour aller plus loin, pour redécouvrir mon histoire de vie sous l’angle de l’alcoolisme. En effet, la participation aux réunions AA m’a permis de comprendre progressivement combien l’alcool, sans que je ne m’en rende compte, a pris la maîtrise de ma vie. Dans les difficultés que je traverse aujourd’hui, dans ma quête identitaire, je ne peux plus en faire abstraction.

Mes premiers souvenirs remontent au début de l’école primaire. A cette époque, le dimanche midi était jour de fête. Dans ma famille très catholique, nous allions à la messe. Je m’arrangeais pour pouvoir à la fin de la messe nettoyer le calice, ce qui me donnait l’occasion d’en boire les dernières gouttes de vin. Puis, nous rentrions à la maison. Souvent, il y avait un invité : le prêtre de la paroisse, ou parfois bonne-maman, la maman de papa. Nous prenions l’apéritif pendant que papa regardait l’émission « Faire le point » et que maman préparait le dîner. Au début, pour les enfants – nous sommes 5 frères et sœurs – il s’agissait de cidre. Les parents quant à eux buvaient du Martini, avec « une larme » de gin. Progressivement, et déjà avant la fin de l’école primaire, j’ai moi aussi eu droit au Martini, seul dans un premier temps, agrémenté de gin par la suite. Lorsque nous passions à table, il y avait du vin. J’avais droit à « 1 doigt ». Bien vite, ce fut beaucoup plus : j’aimais cela, j’en redemandais. J’étais assise à table à côté de papa. Le service du vin était son domaine. C’est lui seul qui servait. C’est donc lui qui me resservait, quand je le demandais. Avec le recul, je peux dire que déjà à l’époque je souffrais d’alcoolisme. J’étais incapable de me satisfaire de la quantité qui m’était donnée, et j’en demandais plus, usant de différentes stratégies pour y parvenir : séduction, mensonge, contre-vérité,… Tout était bon. Les après-midi se déroulaient invariablement de la même manière : j’avais trop bu, j’étais somnolente et restais dans mon lit, avec une migraine qui arrivait peu à peu. Le tout dans une confusion totale : un mal être profond joint au plaisir d’avoir vu papa s’occuper de moi, en me servant à boire…

Aussi loin que remonte mes souvenirs, l’alcool a toujours été présent à la maison. Le soir, nous, les enfants, mangions avant que papa ne rentre du bureau. A son retour, nous devions disparaître, parce que, nous disait maman, il était fatigué et avait besoin de calme. Pour se détendre, chaque soir mes parents buvaient du vin blanc avec leur repas, puis du vin rouge avec le fromage. J’ai toujours vu ces 2 bouteilles de vin. Jamais cependant je n’ai vu mes parents ivres : le vin faisait partie du quotidien, comme moyen de se détendre après des journées bien chargées, papa au bureau, maman avec nous 5. Il m’est impossible d’évaluer la quantité consommée : 2 bouteilles ouvertes en permanence, sur lesquelles on met un bouchon, les rangeant sur l’appuie de fenêtre jusqu’au souper du lendemain, avant d’en ouvrir de nouvelles lorsqu’elles sont vides.

Chaque soir, après le souper, mes parents buvaient du porto, et papa aussi quelques petits verres de gin. Maman gardait les bouchons, qui, disait-elle, pouvaient toujours servir : j’ai en mémoire les boites remplies de ces bouchons de porto, témoignant de nombre de bouteilles vidées. Lorsque je suis entrée à l’école secondaire, j’ai changé de statut à la maison : je n’étais plus dans les petits, j’avais rejoint les grands. Je n’étais plus obligée d’aller dormir dès le retour de papa, je pouvais attendre en chemise de nuit au living que mes parents aient fini de manger. Et dès ce moment, j’ai moi aussi eu mon verre de porto, le soir, avant d’aller dormir. La consommation est dès lors devenue quasi quotidienne, même si en faible quantité. J’étais adolescente, et le vin ou le porto était pour moi signe de valorisation, signe que je devenais grande, signe que j’avais une place.

C’est à cette époque que les difficultés ont commencé, sans que je sache que l’alcool en était responsable. C’est quelque chose qui n’a jamais été évoqué. Lors des fêtes, Noël, communion, … je buvais plus. Et le lendemain, c’était la catastrophe. On me disait à l’époque que j’avais trop mangé et que j’avais une crise de foie parce que je ne digérais pas le chocolat. Cela durait 36 heures. Vomissement, d’abord de ce qui avait été avalé au cours du repas, puis, une fois l’estomac vide, de la bile, dont le goût acre me reste encore en bouche aujourd’hui. Sueur froide, tremblement, étourdissements,… Je ne pouvais rien faire, que rester couchée, courir aux toilettes pour vomir régulièrement, profiter d’un court temps de répit avant de recommencer. C’était atroce. Tous à la maison en ont été témoin. Il y a même eu de l’humour disant qu’il était un comble d’avoir une « crise de foi » (et non « foie ») le lendemain de ma communion ! Mais personne ne s’est jamais inquiété de cela.

J’ai poursuivi toute mon adolescence comme cela. Avec en plus du dimanche, le samedi soir où mes frères ramenaient leurs copains scouts manger à la maison. , j’ai découvert le plaisir de boire de la bière avec le steak – frites. Comme le dit Brel, « chez ces gens-là,… » On était des gens bien : ni Stella ni Jupiler, mais Carlsberg au rendez-vous. Comme il était normal d’aller dormir après le souper, ma surconsommation passait inaperçue. J’avais juste une barre dans le crâne au matin, que je cachais soigneusement. Il y a aussi eu les premières soirées dansantes, où les quelques bières avalées me donnaient de l’assurance. Et puis les voisins, chez qui je me sentais si bien : c’était un brasseur livrant tous les cafés, hôtels et restaurants de la région. Je travaillais chez eux tout l’été, bénévolement, buvant à volonté, parvenant juste à limiter les dégâts pour que cela passe inaperçu quand je rentrais à la maison.

Puis est venu le temps des études. Mes parents voulaient que j’aille à l’université, alors que ce n’était pas mon choix. Mais en acceptant d’y aller, cela me permettait de quitter la maison, et de vivre ce que je croyais être la liberté. Dès mon arrivée, j’ai été dans les cercles étudiants. J’ai été accueillie par les plus anciens. Et j’y ai trouvé une place. J’ai participé à toutes les soirées possibles, à tous les concours. Je me souviens n’avoir été « que » vice-reine des bleuettes : vexée et déçue de voir qu’il y en avait une qui buvait mieux, plus et plus vite que moi, j’ai décidé de m’améliorer. N’ayant pas d’argent pour financer les bières, je travaillais dans les bars étudiants, où je pouvais boire à l’œil : tous les midis et en soirée : 2 soirs par semaine de 20h à 4h du matin, un soir de minuit à 8h du matin. En plus, il était de tradition de piquer dans la caisse : tant que ce n’était pas trop, cela ne posait de problème à personne. En faisant cela, je continuais la spirale dans laquelle j’étais entrée : les soirs où je ne travaillais pas, je pouvais sortir et boire. Les souvenirs de l’époque sont tout sauf des souvenirs heureux : des bagarres pour avoir plus à boire, des comportements de tout ordre pour accéder aux postes qui permettront de boire gratuitement, des réveils au petit matin au fond d’un fossé, n’ayant pu retourner jusque chez moi en fin de soirée… Mais toujours cette impression que je menais la belle vie, que j’existais, et surtout que je choisissais, que je contrôlais et que j’étais forte, voire la plus forte. Malgré le fait d’être malade, malgré le goût amer de certaines scènes vécues, je recommençais le lendemain. Convaincue que j’arrêterais quand je le voudrais, puisque ce n’était pas tous les jours.

Effectivement, j’ai pu petit à petit sortir du milieu guindaille étudiante. Après 3 ans et sans aucun diplôme, j’ai quitté l’université pour commencer les études que j’aimais : institutrice primaire. La présence au cours obligatoire m’a amenée à changer de rythme de vie. Je suis progressivement rentrée dans le rang, j’ai fortement diminué ma consommation d’alcool et les guindailles, et je suis redevenue conforme à ce qu’on attendant de moi : une jeune fille bien, bonne à marier. Ce que j’ai fait, avec de surcroit un homme correspond presque parfaitement au profil attendu par mes parents. Dès le début de ce mariage, j’ai reproduit ce qui était vécu par mes parents, sans m’en rendre compte. La bière a disparu, je n’allais plus dans les cafés, mais je buvais du vin à la maison. J’ai heureusement eu suffisamment de lucidité pour ne pas en consommer pendant mes deux grossesses et ne pas laisser boire mes enfants. Mais cela a certainement renforcé l’image que j’avais de moi : femme forte, plus forte que l’alcool. Mon mari, tout en dénonçant régulièrement cette surconsommation, l’a entretenue. Il a acheté, à plusieurs reprises, du vin de mauvaise qualité et en grande quantité. Nos voisins s’en moquaient même lorsqu’ils venaient chez nous : notre « Merlot bulgare » était devenu légendaire. Je me souviens du jour où, profitant d’une promotion, il en a ramené 12 douzaines à la maison : 144 bouteilles. Comment me rendre compte que je bois trop, quand il y a toujours des bouteilles à disposition ? J’évacuais rapidement les vidanges, et puisais allègrement dans les réserves, sans que jamais personne ne remarque rien d’anormal.

Après 16 ans de vie commune, et une insatisfaction permanente me poussant inconsciemment à me lancer dans des projets toujours plus exigeants, le divorce est apparu, brutal. Les signes avant-coureurs étaient là depuis plus de 2 ans, mais ni mon mari ni moi n’avions voulu ou pu les voir. Je terminais alors des études en cours du soir qui m’ont enfin donné confiance en moi. Même si les cours se terminaient régulièrement par un passage en groupe au café, l’alcool y était joyeux, et, me semblait-il, sans excès.

Me retrouvant seule, j’ai retrouvé le même vent de liberté que celui qui m’accompagnait lors de mon entrée à l’université. J’avais 39 ans, un appétit de vivre, et tout semblait s’ouvrir à moi. Les stratégies pour me cacher à moi-même les quantités d’alcool ingurgitées étaient bien rodées : « S’il y a des glaçons dans le verre, il y a peu de Martini, je peux donc me resservir autant de fois que je le souhaite. » A ce moment, j’étais rarement ivre, même si mon esprit était souvent embrumé. J’avais un nouveau travail, obtenu grâce à ma formation complémentaire. Je me suis intégrée dans une équipe sympathique et dynamique, et souvent nous allions manger ensemble à midi. J’étais le bout en train, celle avec qui on a plaisir à sortir. Sur ma suggestion, nous commandions systématiquement des pichets de vin, même si j’étais quasiment la seule à en boire, en tout cas plus qu’un verre. Mais là encore, socialement, cela passait bien. Et jamais je n’ai été incapable de travailler l’après-midi. Cependant, la consommation augmentait insidieusement : en plus du soir, il y avait désormais le midi.

Après 18 mois de cette vie de fête, j’ai rencontré celui avec qui j’ai cru que j’allais couler des jours heureux pour toujours. Retour à l’image du prince charmant, bien concoctée par une éducation dont je pensais m’être affranchie. A nouveau, je suis rentrée dans le rang. Et j’ai reproduit le modèle familial, de manière encore plus caricaturale peut-être, dans la soumission à celui qui est rapidement devenu mari. Dès le début, il a remarqué que je buvais trop. Je ne pouvais l’entendre, je ne pouvais accepter ce qu’il disait. Pour que je réduise ma consommation, il s’est mis à boire lui aussi, l’accord étant qu’on n’ouvrait qu’une bouteille par jour. Un jeu malsain s’est alors développé où j’ai accepté de perdre une part de moi-même, me conformant à ce qu’il attendait de moi en dehors de l’alcool : épouse disponible aimante, prenant en charge ses enfants en plus des miens, et acceptant à certains moments de moins m’occuper de mes enfants pour être toute à lui.

Cela aurait pu continuer longtemps. Mais j’ai eu la chance de trouver sur ma route un groupe thérapeutique, et un thérapeute qui a pu voir clair en moi, tout en me laissant libre. Je crois que c’est cette liberté qui m’a donné la force de choisir d’en sortir. Je pense que ces moments resteront gravés en moi.

Je me revois, la veille du séjour. C’était à Avignon. J’étais arrivée en train, et y passais la nuit seule avant de rejoindre le groupe. Je n’ai jamais su faire face à la solitude. Elle m’angoisse. J’ai donc été manger, seule, et j’ai bu du vin rosé. Beaucoup de vin rosé. Puis j’ai quitté le restaurant, pour aller ailleurs et continuer. Je suis rentrée à mon hôtel sans savoir comment. J’en garde un trou noir. J’ai été malade, tout en passant en revue dans un brouillard sans nom les derniers mois de ma vie. Mais le lendemain, j’ai encore réussi à faire bonne figure. Une bonne dose de maquillage a caché les traits barbouillés. Je me suis mise en route, rassurée au fond de moi : je savais qu’il était convenu que lors de notre séjour, tout alcool est interdit. Et voilà qu’à notre arrivée, contre toute attente, nos hôtes nous accueillent, avec le verre de l’amitié, du vin blanc. L’horreur : la pompe est à nouveau amorcée, je ne sais pas ne boire qu’un seul verre, c’est plus fort que moi. Je me ressers, une fois, deux fois, trois fois. Le thérapeute l’a vu, et dans sa bienveillance, n’a rien dit. Ce n’est qu’au fil du travail réalisé tout au long de la semaine que petit à petit j’ai pu prendre conscience de l’ampleur du problème et mettre des mots sur quelque chose que jusque là j’avais refusé de voir : je suis alcoolique !

Le déclic étant réalisé, la femme forte que je crois être décide de faire face. Renseignements pris, il n’y a qu’une seule solution : désormais, refuser toute prise d’alcool, sous quelque forme que ce soit. Je trouve un médecin spécialisé dans les problèmes d’alcool qui m’explique les processus qui y sont liés. Une seule consultation, et les choses me semblent claires. Je prends contact avec un autre médecin, nutritionniste, me disant qu’autant faire d’une pierre deux coups, et en profiter pour régler un problème de surpoids récurant tout en recevant des conseils pour faire face à l’abstinence. Je poursuis également mon travail thérapeutique individuel, pas à pas.

Mais alors que de partout, on me conseille de rejoindre les AA, mon mari s’y oppose. D’une part, il a très mal vécu que ce soit auprès d’autres que lui que j’ai constaté mon alcoolisme : cela réveille en lui une jalousie qui est bien présente dans notre relation depuis notre rencontre. D’autre part, cela met à mal l’image qu’il a de moi. Il est fier de moi, parle de moi autour de lui, de ce que je réalise, de ce que je fais. Comment évoquer à l’extérieur l’image d’une femme alcoolique, qui fréquente les AA, et par ce bais des gens de toute condition sociale ? Enfin, il est convaincu que cela va passer, et qu’un jour je pourrai à nouveau boire, modérément, parce qu’il vit mal d’être seul à boire un bon verre lorsqu’on est au restaurant ou à la maison avec un bon repas. Je cède à sa demande, et ne rejoins aucun groupe. Plus forte que jamais, je gère seule. Il y a des bouteilles dans la maison, il y en a à table, et plus jamais je n’y touche. Je me crois invincible, face à ce problème que je considère comme désormais réglé.

L’alcoolisme reste une blessure dont je ne mesure pas encore l’importance, tant dans ma vie personnelle qu’au sein de mon couple, avec entre autres les phénomènes de co-dépendance qu’il génère. Je ne vis plus dans le brouillard constant lié à l’alcool. Cela ne me permet cependant pas de mettre des mots suffisamment clairs sur ce que je vis : depuis toujours, j’ai eu des difficultés à cerner ce qui est juste ou non, bon ou non, que ce soit pour moi ou de manière globale. Les notions de bien ou de mal se sont dès lors construites sur des bases extrêmement fragiles, à partir de mon enfance où l’alcool et ses effets collatéraux étaient bien présent. Afin de garder le cap par rapport à des valeurs de droiture, d’honnêteté, d’engagement qui font sens pour moi, j’ai souvent adopté dans ma vie des attitudes rigides. En me mettant des règles strictes et en les imposant à mon entourage, je pense avoir tenté de trouver un soutien là où mon cadre interne ne s’était pas suffisamment développé.

Au fil des mois, la situation se dégrade au sein de mon couple. Nous nous enfonçons progressivement. Cette fois, ce n’est plus comme lors de mon premier mariage. Mon esprit est désormais plus clair et je perçois certaines choses, sans pour autant parvenir regarder la situation en face ni avoir des attitudes et des propos clairs et cohérents avec la gravité de celle-ci. Je reste dans ma logique de femme forte, qui veut tenir bon et reconstruire. Jusqu’à ce que je craque. Cet été, confrontée à la jalousie qui débouche sur de la violence, je me rends compte que je suis à bout. Je n’en peux plus. Si je veux sauver ma peau, je dois à nouveau partir, quitter cette vie de couple où je m’enferme et où à tout moment, vu la pression qui règne, je risque de replonger dans l’alcool.

La chance, quelque que soit le nom qu’on peut lui donner, met sur ma route un alcoolique abstinent depuis 20 ans, qui fait partie des AA. Une porte s’ouvre à moi. Avec lui, je regarde le site Internet. Il me laisse son numéro de téléphone ainsi que celui de son épouse, et j’entre ainsi dans la grande chaîne des AA. J’ose téléphoner un soir à la permanence. Je me sens écoutée, comprise : je suis sur le point de craquer, et mon interlocuteur, loin de me juger, me soutient. Je reçois les coordonnées d’un groupe et je prends la décision de le rejoindre. J’ai peur de franchir cette porte. Je m’y prépare en faisant une reconnaissance de terrain : je viens la veille pour voir où se tient la réunion, pour trouver mes premiers repères. Et le jour de la réunion, au moment où j’arrive, un des habitués est à la porte en même temps que moi. Il m’accueille, je passe la porte, avec la sensation un peu grisante qu’une nouvelle étape commence.

C’était il y a 2 mois. Depuis, tout a changé. Je peux enfin lâcher prise. Je ne dois plus être forte toute seule. Il y a des amis qui sont là, qui m’ont accueillie, qui m’attendent chaque semaine. Avec eux, j’apprends petit à petit à comprendre cette maladie. J’ai compris que je ne suis coupable de rien. J’assume mieux ma responsabilité de gérer cette maladie. Mais surtout, je commence à comprendre les implications qu’elle a eues et qu’elle a encore aujourd’hui dans l’ensemble de ma vie. Rien n’est gagné. Cependant, 24 heures à la fois, j’apprends petit à petit à être un peu plus bienveillante envers moi-même, à redécouvrir des émotions enfouies profondément, à reconnaître mes difficultés, mon épuisement. La route est encore longue, et, même si je ne le vis pas encore comme cela aujourd’hui, je sais désormais, grâce à ceux que je côtoie, qu’il est possible d’être alcoolique, abstinent, et heureux !

Témoignage de Anne
© 2020